Grand Lièvre

"Grand Lièvre" est sorti le 26 septembre 2011 chez V2 Music / Polydor.
Le premier extrait de Grand Lièvre est « Les rouges souliers », et est disponible en téléchargement légal : iTunes, Virginmega, Amazon
L’album est disponible en magasin et sur iTunes, Virginmega, MusicMe, amazon.com et fnac.com
1 / Qu’est-ce que ça veut dire
2 / Sans pitié pour le cheval
3 / Rémi est mort ainsi
4 / Alexandrie
5 / Haut Arverne
6 / Je voudrais me perdre de vue
7 / Vendre les prés
8 / Le champion espagnol
9 / Les rouges souliers
10 / La lettre de la pampa
Réalisé par Jean-Louis Murat
Il arbore de vertigineuses oreilles, est célèbre pour sa vélocité et hante de nombreuses légendes à travers la planète. Les Indiens d’Amérique en ont même fait une divinité à la fois esprit farceur et architecte de l’univers. Mais si Jean-Louis Murat a intitulé « Grand Lièvre » son nouvel album, c’est davantage par amour de l’animal que par souci de mythologie ésotérique. Grand lièvre, symbole d’une espèce en voie de disparition, métaphore d’une terre perdue…
Deux ans que Jean-Louis n’avait publié d’album. Le dernier, « Le Cours Ordinaire des Choses », l’avait vu explorer les contrées country du côté de Nashville, Tennessee. « Grand Lièvre » a retrouvé gîte et harde, repères et compères. Enregistré en quelques jours dans le sud de la France, avec les fidèles Fred Jimenez et Stéphane Reynaud, épaulés par le pianiste Slim Batteux, le disque sonne comme s’il avait été capté dans les conditions du live : « Il y avait un magnéto 24 pistes qui tournait en continu, raconte Jean-Louis. Le principe était « on ne touche à rien ». Je voulais conserver tout ce que le mixage enlève habituellement, le travail, la sueur, les interrogations, les erreurs. »
Une musique qui, paradoxalement, n’a jamais été aussi limpide et énigmatique à la fois. Un son compact, précis, dominé par une section rythmique inflexible, un orgue impérieux et la guitare 12 cordes de Jean-Louis. Le tout zébré de bruissements, bruitages et dialogues mystérieux, et, nouveauté muratienne, de choeurs hypnotiques et lumineux. « Au moment de l’enregistrement, j’écoutais beaucoup de groupes de rock indé des années 90, comme Swell, Silver Jews, explique Jean-Louis. J’avais envie de retrouver cette matière sonore, ce travail de groupe. » Tout au long des dix chansons du disque, on retrouve les thèmes chers à l’auteur du « Manteau de pluie » : la nature, la dérision de la condition humaine, le doute, l’amour, la solitude. Mais ici magnifiés, nimbés de mélodies tournoyantes et évidentes, à la fois familières et surprenantes. Comme dans « Vendre les prés », constat implacable du dépeuplement des campagnes, repris dans « Haut Arverne », hommage mélancolique au terroir de l’auteur.
Thèmes nouveaux aussi, comme celui de la cruauté de la guerre, évoquée dans « Sans pitié pour le cheval » ou « Rémi est mort ainsi », l’une inspirée par un ancêtre homonyme, un Jean-Louis Bergheaud héros de la guerre de 14-18, l’autre évoquant la Résistance à travers Rémi et Colette, personnages des manuels d’initiation à la lecture d’antan. Dont les syllabes dansantes parsèment souvent les choeurs de l’album, onomatopées en forme de clin d’oeil paternel malicieux.
Dans « Qu’est ce que ça veut dire », allusion à la perte de mémoire, on entend la voix d’Andreï Tarkovski, réminiscence de l’album « Cheyenne Autumn ». Dans « Le Champion Espagnol », c’est la silhouette de Federico Bahamontes qui surgit au détour d’un lacet du col du Tourmalet. Et dans « Alexandrie », dédiée à une amie disparue, c’est Cléopâtre qu’on imagine juchée sur son trône.
« Les Rouges Souliers » et « La Lettre de la Pampa », entre conte d’Andersen et missive façon Leonard Cohen, parachèvent un album riche, aux reflets changeants et aux détours inattendus. Encore rehaussé par « Je voudrais me perdre de vue », ode au dédoublement de personnalité, avec ses riffs lancinants et sa rythmique acrobatique virevoltant de ternaire en binaire.
Grand Lièvre, grand oeuvre, du Murat au sommet de son art, intime et immédiat, secret et universel. Son meilleur album ?
A savourer avec de grandes oreilles.
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Grand Lièvre est disponible en trois versions :
* en CD cristal (standard, avec livret 16 pages)
* en édition limitée (digipack avec 2 CD dont "Grand Lièvre" et "Live à la Coopé", concert du 7 avril 2010 à la Coopérative de Mai)
* en vinyle (8 titres, dont « Ne t’attends qu’à toi seul »).
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Ne t’attends qu’à toi seul
inédit tiré des séances d’enregistrement de Grand Lièvre
Ne t’attends qu’ à toi seul
As-tu peur d’avancer
La femme est ennuyeuse
Ne quitte pas le regard
Ne t’attends qu’à toi seul
Au bord de la rivière
Etre dedans ou pas
Fait vaguement sourire
Perdu dans les collines
Tout file entre les doigts
Tout est celui d’un autre
Rien n’est écrit dessus
Ne t’attends qu’à toi seul
Regarde dans la glace
Laisse le plaisir te mordre
Ne t’attends qu’à toi seul
Et quand ton tour arrive
Laisse ta langue natale
Enfoncer chaque touche
Quand le seul choix à faire
Est celui de pleurer
En chansons d’origine
Ne t’attends qu’à toi seul
La télé est en panne
Laisse tomber la neige
Ne t’attends qu’à toi seul
Ecarte le tissu
C’est ton essence même
Ne t’attends qu’à toi seul
Reste derrière les vaches
Pense au pelage roux
Qui passe dans ta voix
Ne t’attends qu’à toi seul
En instinct de jouir
Cours comme à la plage
Vers la rangée de filles
Ne t’attends qu’à toi seul
Sinon c’est le martyre
La passion comme fin
Traverse les cimetières
Ne t’attends qu’à toi seul
Chaque chambre est commune
L’amour en est la cause
Ne t’attends qu’à toi seul
La fente du volet
Est une vaste plaine
Viens y poser tes lèvres
Dans ce duvet de cygne
Reste le locataire
Dans cette ville d’eau
Tout est mare de sang
Ne t’attends qu’à toi seul
L’abbaye est en ruine
Car l’amour d’autrefois
Etait feu sans fumée
Ne t’attends qu’à toi seul
La salope t’attend
Ne t’attends qu’à toi seul
C’est grand jour de marché
Aux hameaux transparents
Voilà le jour prévu
En garçon boulanger
Viens gagner la partie
Sens-tu l’effet produit
En disant
J’essaierai
Lèvres rouges entr’ouvertes
Cherche un point culminant
Au pays menacé
Fait comme la jeunesse
Ne t’attends qu’à toi seul
L’obscurité épaisse
Montre certaines choses
Ne t’attends qu’à toi seul
Sur la rive opposée
La fille s’est endormie
Par pure charité
Ne t’attends qu’à toi seul
Préserve ton histoire
Le chemin est précaire
L’auberge est défendue
Les cordes des guitares
Peuplent le paradis
Avance dans le métier
Quand pendu au gibet
Ton âme sera folle…
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